Pour un sursaut européen!

Dans une tribune publiée dans le quotidien "Le Monde", Marielle de Sarnez appelle à un sursaut de l'Union européenne sur la scène internationale :

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"Il y a quelques mois, l'adoption définitive du traité de Lisbonne suscitait de nouveaux espoirs. L'Europe allait être un pôle solide et uni, parlant d'une seule voix, en particulier sur la scène internationale. La suite s'est avérée profondément décevante. Dans les ultimes négociations au sommet de Copenhague, comme lors de la catastrophe qui a frappé Haïti, l'Europe a été absente, invisible, incapable de parler à l'unisson, et donc de peser sur le cours des choses. Le Conseil européen du 11 février sur la crise de la zone euro est un signe de plus du recul progressif de l'Europe. Cette crise était l'occasion de se ressaisir ; il n'en a malheureusement rien été.
Depuis quelques semaines, la Grèce et, dans une certaine mesure, l'Espagne et le Portugal font face à la défiance des marchés. L'endettement de ces pays et leurs perspectives de croissance suscitent des inquiétudes sur la capacité des pays membres de la zone euro à respecter leurs engagements sur leur dette souveraine. Comment en est-on arrivé là ? La réponse est malheureusement simple : aucune union monétaire commune ne peut exister durablement sans une politique économique partagée, un budget significatif en commun, un mécanisme financier de stabilisation conjoncturelle. Plus encore, aucune union monétaire ne peut exister durablement sans union politique.

Une déclaration trop tardive

Les seules règles de discipline financière des Etats, assorties de sanctions très relatives, ne peuvent suffire à assurer la solidité de la zone euro. A l'inverse, un pacte monétaire ne s'exerce pas sans solidarité, comme tout engagement entre des parties qui s'unissent. A ce titre, vouloir demander à une partie tierce, le Fonds monétaire international (FMI), de venir en aide à un pays de la zone euro, reviendrait à remettre en cause la crédibilité politique de la zone euro elle-même.

Face à cette crise, les dirigeants de la zone euro n'ont pas été en mesure de trouver des solutions viables à moyen terme. Ils se sont contentés, trop tardivement, d'une déclaration politique de soutien au gouvernement grec, sans mesure concrète. Or c'est dès le début de la crise, en décembre, que l'Europe aurait dû affirmer son soutien sans faille à la Grèce. Que devrait proposer l'Europe maintenant ? D'abord afficher sa volonté de renforcer la gouvernance économique et politique de l'Union. Ce qui pourrait passer par la constitution d'un conseil de la politique économique des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, un Eurogroupe politique, piloté par la Commission et sous l'égide du président du Conseil.

Ensuite, favoriser la mise en place d'un fonds monétaire européen. Il ne s'agit pas de créer une nouvelle institution, mais un outil financier de solidarité conjoncturelle, pouvant être activé à tout moment en cas d'attaques spéculatives contre l'un des pays membres du fonds. Les obstacles techniques et juridiques sont surmontables. Un groupe de travail devrait dès maintenant examiner les options techniquement possibles.

Evitons les pistes, comme le scénario actuellement envisagé par les ministres des finances, d'une mise sous surveillance de la Grèce, assortie éventuellement de prêts bilatéraux, qui peuvent s'avérer de fait mal comprises tant elles illustrent l'absence de volonté de trouver des solutions solidaires collectives. En effet, tant que l'Union européenne ne se montrera pas collectivement solidaire avec la Grèce, il lui sera difficile d'imposer ses propres conditions.

Une fois ce fonds monétaire européen mis en place, d'autres initiatives apparaîtront alors d'autant plus naturelles et légitimes pour construire les fondements d'une politique économique mutuelle, prolongement indispensable d'une zone monétaire. C'est ainsi, par des mécanismes d'emprunt européen, qu'il faudra financer les projets de recherche et d'innovation et penser une nouvelle politique industrielle pour relancer la croissance de l'Europe qui, contrairement aux autres régions du monde, s'enlise dans une atonie particulièrement préoccupante. Plus que jamais, il faut sortir du cadre dépassé des solutions nationales ou intergouvernementales."

Centrales EPR : de mal en pis

pnouazkzbcDe défaillance en défaillance, les chances d'exporter l'EPR s'amenuisent toujours davantage. Une fois de plus et non des moindres, le bien fondé du projet est clairement remis en cause. Pas moins de trois agences de sûreté (britannique, française et finlandaise) viennent de déceler d'importantes défaillances techniques directement au niveau du cerveau du réacteur: la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle dément la fiabilité du joyau que devait être ce réacteur dit de troisième génération.

 
Celui-ci n'est en rien pas opérationnel. A cela s'ajoute ce que l'on savait déjà: c'est cher, extrêmement cher même et ne résout en rien le défi des déchets.
 
Dans un contexte budgétaire que personne n'ignore, il est grand temps de sortir de cette impasse.
Pourquoi ne pas investir les "quatre milliards" d'euros que coûte un seul réacteur dans des chantiers d'avenir tels que la recherche fondamentale et enfin trouver une solution aux déchets nucléaires? Tournons-nous davantage vers les énergies renouvelables et leur application technologique dans nos quotidiens!  Energie renouvelable, maîtrise et sobriété, les pistes ne manquent pas!

EN FRANCE COMME EN EUROPE : REVENONS AUX FONDAMENTAUX DE L´ASILE

"Suite à l’annonce par le Président Nicolas SARKOZY de l’organisation prochaine de vols groupés pour des opérations communes de reconduite au niveau européen, je souhaite exprimer ma grande colère.
 
Cette décision fait suite à une action de lobbying intense menée conjointement par la France et le gouvernement italien de M. Silvio BERLUSCONI.
Elle vise à développer la coopération avec la Lybie et la Turquie,  par des accords favorisant le renvoi des demandeurs d´asile vers ces pays, lorsque ces derniers y ont transité. 
Je considère pour ma part que cette logique est scandaleuse, dès lors que l´Union européenne, tout comme la France, ont un devoir d´accueil de ces populations en grand danger.
 
Faut-il rappeler à MM. SARKOZY et BERLUSCONI que la Libye n’a toujours pas signé la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, et que le Haut Commissariat pour les Réfugiés n’est pas officiellement présent dans ce pays ? Que la Turquie, pourtant signataire de la Convention de Genève, ne l’applique pas aux demandeurs d’asile qui viennent de certains pays avoisinants, notamment l’Irak et l’Iran ? Faut-il comprendre que les immigrés clandestins seront massivement « livrés » à des pays qui foulent au pied la dignité et les droits humains les plus élémentaires ? Au même titre, la froide planification de vols charters à destination de l’Afghanistan, en guerre, est criminelle et écœurante.
 
Plus qu´un effet d´annonce : c´est l´ensemble de la politique migratoire française et européenne qu´il est urgent de refonder.
Le droit d´asile est une source de fierté. Aujourd´hui, j´ai honte."
 
 
 
Jean-Luc Bennahmias

Copenhague: On entre dans les arrêts de jeu!

Du 7 au 18 décembre prochain, l'Europe a un rendez-vous historique avec l'ensemble de la communauté internationale. 12 ans après le Protocole de Kyoto (1997), et suite à une période certes riche en discours mais pour le moins décevante en termes d'engagements et de résultats, nous sommes en passe de planifier – pour l’après 2012 - l’action du monde contre le processus de changement climatique.
L'ultime occasion pour nous, Européens, de métamorphoser nos stratégies, nos acteurs et nos moyens face à ces défis écologiques de premier ordre.

Accélérer "énergiquement" les processus engagés afin de joindre concrètement la démonstration par des actes collectifs à nos arguments.

Grande priorité : l'efficacité énergétique. Trop souvent oubliée, la sobriété et de l'intelligence collective face aux divers gaspillages sont les moyens de réduire la facture énergétique payée par les citoyens européens d’aujourd’hui et de demain.
Cet enjeu illustre un paradoxe inacceptable : le problème grandit, alors que les solutions technologiques existent :
Qu'il s'agisse du ferroutage (projet Lyon-Grenoble-Turin), du tunnel ferroviaire sous le Montgenèvre (entre la France et l'Italie), du rail à grandes vitesse (pour l’arc méditerranéen, puis les ouvertures vers l’Est), du tramway, des voies fluviales et maritimes (bateaux grande vitesse), la révolution de la mobilité européenne, ce n'est pas pour 2040, nous en avons besoin maintenant!
Dans le même sens, qu'avons nous à perdre à diviser par deux le nombre des ampoules sur la voie publique? C'est simple, sans incidence, il faut donc le faire!
Eco-construction contre bétonnage urbain, valorisation verte des déchets contre incinération… il faut changer nos automatismes; rien n'est figé.

Remémorons-nous le rapport Brundtland.

Celui-ci définissait le développement durable comme étant un ensemble de défis, des plus géopolitiques aux plus élémentaires.
C'est cette manière précise de penser la chose écologique, que nous devons cultiver à Copenhague.
Et tenons un langage de vérité aux peuples: la solution ne viendra ni de l'importation du gaz de l'Azerbaïdjan, ni de l'énergie solaire du Sahara.
Elle viendra uniquement de notre capacité d’innovation, ainsi que de notre volonté à nous changer, jusque dans nos cultures et nos certitudes

Par exemple : changeons nos rapports aux déplacements. Cessons de considérer qu’un produit transporté sur 100.000 km a le même prix que le même produit transporté sur 10 km. La différence ?
Selon le mode de transports utilisé, la facture énergétique explose… au détriment de la collectivité, non pollueuse mais payeuse.
C'est bien de proximité et de décentralisation dont nous avons besoin pour gagner le défi de l'autonomie énergétique, si essentiel à l'Ouest comme à l'Est de l'Europe à l’aube de ce siècle.
Que je sache, le soleil brille aussi chez nous et nos vents marins sont aussi puissants qu'ailleurs!
Pourquoi sommes-nous alors si peu pourvus en énergies renouvelables alors que nos bâtiments scolaires et administratifs, nos zones commerciales et industrielles, tout comme les zones désertiques non-agricoles sont des espaces disponibles pour intégrer les panneaux photovoltaïques de nouvelle génération.
Tout ceci doit être fait avec bon sens. On n'est pas obligé d'installer des milliers d'éoliennes à proximité de sites environnementaux remarquables…

Nous avons besoin de plus de proximité, de plus de décentralisation, de plus d’innovation… mais surtout, de plus d’implication de la part des acteurs publics.
Du reste, les eurodéputés démocrates continuent de déplorer l’absence de plan de relance réellement européen, absence qui démontre toute l’étendue des carences de l’Union dans ce domaine.

Au-delà des éléments contextuels, c’est bien la réduction des gaz à effet de serre qui constitue la problématique centrale de Copenhague.

Changer les cultures, les pratiques, les comportements collectifs… très bien. Mais Copenhague doit apporter des réponses précises, à des questions qui le sont tout autant.
Par exemple, en ces temps de déficits budgétaires croissants, le moment n’est-il pas venu de s'interroger sereinement sur la place du nucléaire en Europe et dans le Monde ?
Ces milliards d'euros distribués pour la construction des réacteurs EPR, pourtant si prolifiques en déchets radioactifs… à quoi ont-ils manqué ?
A la recherche fondamentale, histoire de trouver enfin une solution au problème des déchets nucléaires (la « génération 4 » de réacteurs ?) ; aux énergies renouvelables, pour leurs applications technologiques dans nos quotidiens.

Les enjeux climatiques ne sont pas objets de dogmes.

Tant que l’action des Etats membres est sincère et engagée, l’Union peut fixer des objectifs différents aux uns et aux autres selon les réalités économiques, sociales et infrastructurelles du pays.
Faire bénéficier à la Pologne de dérogations, alors qu’elle est profondément ancrée dans l’industrie du charbon ? Pourquoi pas ! A condition que ces dérogations permettent à la Pologne d’en sortir progressivement.
Demander un peu plus d’efforts aux Etats membres qui sont plus avancés que les autres ? Absolument d’accord, la France en tête.
Contribuer à la hauteur de ses possibilités : c’est cela la méthode du développement durable !

Mais par-dessus tout, fondamentalement, Copenhague peut être ce supplément d’âme qui manque tant à l’Europe d'aujourd’hui ; une occasion de renouer avec la confiance des citoyens, par le bon sens.

Par exemple, il est clair que l’industrie automobile européenne ne peut plus maintenir sa structure actuelle.
Il faut repenser en urgence les concept-cars, les outils et les processus de production, les partenariats avec la Recherche européenne, les objectifs économiques et sociaux, l’organisation du travail… Les gens sont prêts à entendre cela. Mieux, ils savent déjà que ces efforts doivent être reproduits dans tous les secteurs industriels : la chimie, l’agroalimentaire, l’énergie, le bâtiment…


Tous ces engagements nous permettront d'être en position de force à la table des négociations internationales, pour y trouver des consensus constructifs.
Ainsi, pour ne pas achopper sur les questions de financement, nous avons porté au Parlement européen, au sein d'une coalition "arc-en-ciel ", l'idée d'une taxe « Tobin » pour le financement des énergies renouvelables dans les pays du Tiers monde.
Dans le même esprit, l’existence d’un marché de droits à polluer n’interdit pas l’existence conjointe d’une fiscalité verte internationale.
Surtout, elle n’interdit pas l’Europe de penser à une autre régulation pour ce marché pour le moins… « singulier ».
Parmi les autres mesures urgentes qu’il nous faut absolument soutenir, l’inclusion des grands principes du développement durable (principe de précaution, principe pollueur-payeur, transparence...) dans le corps des règles et des pratiques de l’OMC est certes une vieille revendication, mais sa réalisation devient aujourd’hui impérative.
La réflexion de l’OMC sur ces problématiques est désormais suffisamment avancée dans le temps :
le droit international du commerce doit évoluer, et Copenhague est l’occasion rêvée pour les Etats d’en formuler le vœu.

Semaines après semaines, scientifiques, cinéastes, journalistes spécialistes nous alertent que nous entrons sur le plan international, comme européen dans les arrêts de jeu.
Ils ont raison! Nous sommes face à l'impératif de "Buts" et plus que jamais, devant la nécessité d'exiger de bons arbitrages.

Crise du Lait: Agir vite

Crise du Lait: "Des réponses de bon sens au Parlement européen face à l'autisme de la Commission et du Conseil des ministres de l'agriculture"
 
Au cœur de la crise, des faillites qui s'annoncent et de la situation dramatique des producteurs de lait de l'Union européenne, la moindre des choses, consiste à envoyer un signal clair envers la profession. C'est ce message que nous avons soutenu avec Stéphane Le Foll et l'ensemble des Députés du Mouvement Démocrate au Parlement européen:
L'augmentation des quotas s'est révélée catastrophique. Il est urgent d'en tirer des leçons.
L'union européenne n'a pas le droit de laisser  mourir une profession. Nous avons besoin d'une agriculture de proximité présente sur l'ensemble des territoires.
Nous avons donc écrit des amendements en ce sens en invitant expressément la Commission européenne et le Conseil des ministres de l'agriculture à prendre toutes les dispositions nécessaires auprès des Etats membres pour une sortie de crise rapide avant qu'il ne soit trop tard. Nous demandons à la Commission et aux Etats membres de prendre immédiatement des mesures supplémentaires, en agissant sur le niveau actuel de la production communautaire, à l'aide d'un gel temporaire des hausses de quotas, qui ont été décidées à l'occasion des dernières réformes de la politique agricole commune.
 
 
Très Cordialement,
 
Jean-Luc Bennahmias

Nomination de Barroso

« La nomination de M. Barroso n’est pas la réponse forte dont l'’Europe a besoin. »
 

 
    L'’Europe a besoin d'une réponse forte face à la crise et aux nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux et la présidence de M. Barroso ne l'apporte pas. La situation exigeait un plan européen face à la crise, un vrai régulateur pour surveiller les marchés financiers, une politique économique plus forte, un modèle social, une Union Européenne plus forte dans le monde. Aucune de ces priorités n’a été prise en compte dans le programme de M. Barroso.
 

C’'est pourquoi les députés adhérant au Parti Démocrate Européen ne soutiendront pas José Manuel Barroso.

 
    Le PDE est d’ailleurs déterminé à relancer le débat sur la procédure de nomination du Président de la commission qui à l’'avenir devrait être élu directement par les citoyens européens sur la base d’'un programme politique clairement défini et présenté lors des élections européennes.
 
    Les députés européens, membres du Parti Démocrate Européen, ont également affirmé leur engagement à défendre les priorités démocrates et à travailler en étroite concertation au sein des groupes parlementaires auxquels ils appartiennent.

Jean-Luc Bennahmias